HISTOIRE de la Société SIMAR

Partie 2

Cette page était, au départ, une traduction de la page : http://www.bungartz.nl/hist-simar.html
Nous remercions l'auteur pour son autorisation d'utilisation de celle-ci.

Des précisions ont été apportées par la consultation des registres de la chambre de commerce de Genève, difficiles à déchiffrer et aussi,
par l'utilisation d'autres sources aussi bien orales qu'écrites.

SIMAR est l'acronyme de Société Industrielle de Machines Agricoles Rotatives.

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La compagnie allemande Siemens-Schuckert obtint une licence de fabrication et fit une grosse commande de motoculteurs SIMAR finis. Ces derniers furent vendus en Allemagne sous la marque Siemens, alors que Siemens fit, elle-même, de plus gros modèles. Comme Siemens vendit plus tard son département motoculteur à la marque Bungartz de Munich, SIMAR cessa ses exportations vers l'Allemagne au milieu des années trente. Bungartz fabriqua ses propres motoculteurs, le Bungartz L3 étant censé remplacer le SIMAR.
Un motoculteur identique au M 10 était vendu en Allemagne par Siemens, leur S8 ou Plantagenfräse. On ne sait pas si les deux compagnies fabriquèrent leurs propres motoculteurs. Le Siemens Plantagenfräse S8 (Plantage = plantation) avait un moteur 2 temps de 8 ch refroidi par eau, et fut fabriqué de 1925 à 1927 (Largeur de travail 90 cm, 20 ressorts crochets de 470 mm de diamètre, tournant à 200 tours par minute. Deux vitesses avant, 1.08 et 2.16 km/h. Le tracteur pesait 360 kg).
Existerait au moins deux spécimens, un en Belgique (Flandre) et un en Allemagne. Comme ils étaient identiques au SIMAR
M 10, nous ne savons pas si Siemens les fabriquait sous licence, ou se contentait de les importer de Suisse.
Le SIMAR M 10, jadis exposé au Museum Historische Landbouwtechniek à Wageningen, en Hollande, appartient désormais à Etienne et Diego Verschuere. Il avait été restauré par l'importateur hollandais Brinkmann & Niemeijer (de Zutphen) avant donation au musée.

Simar M 10


Rentré en Suisse en 1925, le très actif représentant de Piccard et Pictet en Angleterre, M. René Mozer, prit une participation majoritaire, en 1932, dans la compagnie SIMAR SA, dont il était président (du conseil d'administration) depuis le 13 août 1925.
Tous les brevets restaient la propriété de M. Léon Dufour.

A partir de 1927, M. René Mozer commença à mettre sur pied un réseau de concessionnaires de motoculteurs SIMAR en Angleterre, Italie, Australie, Afrique du Sud et aux USA. Ses stratégies de commercialisation efficaces ranimèrent les ventes faiblissantes aux USA, et, sous la marque Rototiller, un impressionant réseau de distributeurs fut formé. On rapporte, qu'aux alentours de 1930, 28 motoculteurs SIMAR de 8 ch étaient utilisés dans les parcs et jardins de New York. Mr René Mozer avait créé l'entreprise SIMAREX dont le rôle était entre autres de commercialiser sous franchise (en prenant une commission) les SIMAR au Royaume Uni, en Australie, aux USA, en Italie et en Afrique du Sud, Simar vendant directement en France, Suisse, Scandinavie, Hollande et Belgique. Il avait déjà commencé sous la marque ROTOTILLER en Italie dès 1921.

Les motoculteurs SIMAR furent aussi produits sous licence en Angleterre (par Geo. Monro Ltd.) et même en Italie (par Dr Pappa S., près de Rome à Pomezia) après la deuxième guerre mondiale.
Ils furent importés aux USA à partir de 1932 par C.W. Kelsey's Rototiller Company, avant la seconde guerre mondiale et, après, par E.C. Geiger CO de North Wales (Pennsylvania), comme précisé sur le site disparu de Donald A. Jones.


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Malgré le succès des motoculteurs, les deux ingénieurs Dufour et Mozer étaient toujours très désireux d'expérimenter la construction d'un tracteur. A partir de 1936, ils firent diverses constructions afin de convertir un motoculteur en tracteur. L'ensemble de la partie moteur, boîte de vitesse, accessoire de labour avait la possibilité de pivoter autour de l'essieu arrière afin de relever ou d'abaisser l'accessoire de labour.
Après un grand nombre de prototypes différents, 160 tracteurs Simar de type T 100 (T 100 A et T 100 B) furent fabriqués jusqu'en 1955.
Le livre, en allemand, Schweizer Traktorenbau, raconte l'histoire complète du tracteur SIMAR, avec beaucoup de photographies des divers prototypes.

Simar T 100 A

Entre sa fondation et 1945, Simar faillit disparaître en 1929-30, lors de la grande crise économique et, bien sûr durant la seconde guerre mondiale. Pour survivre durant cette dernière, l'usine fit divers  travaux mécaniques en sous-traitance et construisit même des éléments de pompes hydrauliques pour la sécurité civile, tout en vendant ses motoculteurs sur le marché suisse.
Dans l'immédiat après-guerre, dès 1949 et pendant deux ans M. Jean-René Dufour s'emploiera activement à ranimer le marché américain, par la recherche, sur place, d'anciens et de nouveaux agents.
M. Jean-René Dufour (1923-2013) était, comme son père, ingénieur en mécanique de l'école polytechnique fédérale de Zurich.
Il sera le créateur de pratiquement toutes les machines à partir du type 40, inclus.
Après la mort de M. René Mozer (en 1954), il se rendra propriétaire de la Simar par l'acquisition de la majorité du capital (en 1955). Simar était une petite usine (80 à 160 employés) qui eut beaucoup de difficultés à survivre en face des constructeurs italiens de machines agricoles, par exemple. Certains, comme Pasquali, ont même proposé une association à Simar, intéressés, bien sûr par le capital technique de la firme genevoise. Cette alliance ne s'est pas réalisée, pour diverses raisons, bien compréhensibles.
Après avoir été l'âme technique de Simar pendant de nombreuses années, M. Jean-René Dufour vendra la firme en la fusionnant à la société de mécanique Mégevet en 1974 (Mégevet Simar SA).
Il deviendra ingénieur chez Motosacoche. La fabrication des motoculteurs SIMAR cessera en 1978. La firme aura donc construit en 60 ans un peu plus de 50 000 machines, dont certaines auront connu de gros chiffres de vente (types 56 et 40) et laissé d'excellents souvenirs chez leurs utilisateurs. Les SIMAR sont entrés dans l'histoire et ont retrouvé une seconde jeunesse chez les collectionneurs de par le monde.
Mégevet-Simar SA a continué son activité comme usine métallurgique spécialisée en finition de surface, du prototype jusqu'à la production en série, mécanique générale, tôlerie, soudure, peinture, conception mécanique, travaux de presse et taille d'engrenages, sous la raison sociale ATEM Ateliers Mégevet SA et sera dissoute par suite de faillite en 1996 (3 mai), d'après ce que nous avons compris de la lecture de certains documents.

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